DJ Rimbaud

Poèmes mis en chanson

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Interprète : Guy Béart
Titre : Le prince fainéant

VICTOR HUGO •• LE PRINCE FAINÉANT


Musique : Guy Béart
Interprète : Guy Béart


Guy, mon père,
N’use point
À rien faire
Son pourpoint,
Pas de fête
Qu’il n’apprête,
Casque en tête,
Dague au poing.

Mon grand-père,
Navarrois,
Fit la guerre
Pour la croix,
Sous Alonze
Cœur de bronze,
En l’an onze
Cent vingt-trois.

Jean de Mesme,
Mon aïeul,
Qui dort blême
Au linceul,
Dans Toulouse
La jalouse,
Contre douze
Luttait seul.

Mes ancêtres
Fort vantés,
Portaient, maîtres
Des comtés,
Sur la marge
D’un dos large
Une charge
De cités.

[L’un d’eux, Eudes
De Montfort,
Fut des leudes
Le plus fort ;
Son épaule
Jusqu’au pôle
Portait Dôle
Sans effort.

Le grand-père
De ceux-là,
Noir sicaire
D’Attila,
Vieille lame,
Eut dans l’âme
Plus de flamme
Que l’Hékla.]

Moi, leur mince
Suppléant,
Suis le prince
Fainéant.
Mon bras casse
S’il déplace
Leur cuirasse
De géant.

Car, d’entailles
Moins friand,
Des batailles
Souriant,
Tout me lasse,
Fêtes, chasse,
Dire : grâce,
En priant.

Même aux belles
J’ai mépris,
Et loin d’elles
Mon cœur pris
Laisse, en somme,
Faire un somme
Au cerfs, comme
Aux maris.


Toute la Lyre

Classé dans Victor Hugo Guy Béart

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Interprète : Francesca Solleville
Titre : La chanson de Gacquoil le marin

VICTOR HUGO •• CHANSON DE GACQUOIL LE MARIN


Musique : Lucien Mérer
Interprète : Francesca Solleville


L’amour fout le camp comme un bougre
Filant dix nœuds dans un bon lougre
            En pleine mer.
La beauté passe — sarabande ! —
Comme passe la contrebande
            À Saint-Omer.

Mon grand-père était un grand drôle.
Tu n’irais pas à son épaule,
            Tambour-major.
Et ma grand-mère — farandole ! —
Était belle comme une idole,
            Dorée en or.

La dame, point avariée,
Était duchesse, et mariée
            À de l’argent.
Et mon grand-père — la bourrée ! —
Lui dit un soir : Mon adorée,
            Je suis sergent.

Et mon grand-père à ma grand-mère
Proposa de faire mon père
            En s’échauffant ;
Mais ma grand-mère — la gavotte ! —
Mais ma grand-mère était dévote,
            Et fit l’enfant.


Toute la lyre

Classé dans Victor Hugo Lucien Mérer Francesca Solleville

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Interprète : Serge Kerval
Titre : Paroles dans l'ombre

VICTOR HUGO •• PAROLES DANS L’OMBRE


Musique : Serge Kerval
Interprète : Serge Kerval


Elle disait : C’est vrai, j’ai tort de vouloir mieux ;
Les heures sont ainsi très doucement passées ;
Vous êtes là ; mes yeux ne quittent pas vos yeux
Où je regarde aller et venir vos pensées.

Vous voir est un bonheur ; je ne l’ai pas complet.
Sans doute c’est encor bien charmant de la sorte.
Je veille, car je sais tout ce qui vous déplaît,
À ce que nul fâcheux ne vienne ouvrir la porte ;

Je me fais bien petite en mon coin près de vous ;
Vous êtes mon lion, je suis votre colombe ;
J’entends de vos papiers le bruit paisible et doux ;
Je ramasse parfois votre plume qui tombe ;

Sans doute je vous ai, sans doute je vous voi.
La pensée est un vin dont les rêveurs sont ivres,
Je le sais ; mais pourtant je veux qu’on songe à moi.
Quand vous êtes ainsi tout un soir dans vos livres,

Sans relever la tête et sans me dire un mot,
Une ombre reste au fond de mon cœur qui vous aime ;
Et, pour que je vous vois entièrement, il faut
Me regarder un peu de temps en temps vous-même.


Les Contemplations

Classé dans Victor Hugo Serge Kerval

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Interprète : Renaud
Titre : Gastibelza


VICTOR HUGO •• GUITARE


Musique : Georges Brassens
Interprète : Renaud


Gastibelza, l’homme à la carabine,
          Chantait ainsi :
« Quelqu’un a-t-il connu doña Sabine ?
          Quelqu’un d’ici ?
Chantez, dansez, villageois ! La nuit gagne
          Le mont Falù.
— Le vent qui vient à travers la montagne
          Me rendra fou.

« Quelqu’un de vous a-t-il connu Sabine,
          Ma señora ?
Sa mère était la vieille maugrabine
          D’Antequera,
Qui chaque nuit criait dans la tour Magne
          Comme un hibou…
— Le vent qui vient à travers la montagne
          Me rendra fou.

[…]

« Vraiment, la reine eût près d’elle été laide
          Quand, vers le soir,
Elle passait sur le pont de Tolède
          En corset noir.
Un chapelet du temps de Charlemagne
          Ornait son cou… —
Le vent qui vient à travers la montagne
          Me rendra fou.

« Le roi disait, en la voyant si belle,
          À son neveu :
— Pour un baiser, pour un sourire d’elle,
          Pour un cheveu,
Infant don Ruy, je donnerais l’Espagne
          Et le Pérou ! —
Le vent qui vient à travers la montagne
          Me rendra fou.

« Je ne sais pas si j’aimais cette dame,
          Mais je sais bien
Que, pour avoir un regard de son âme,
          Moi, pauvre chien,
J’aurais gaîment passé dix ans au bagne
          Sous le verrou… —
Le vent qui vient à travers la montagne
          Me rendra fou.

[…]

« Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre
          De ce canton,
Je croyais voir la belle Cléopâtre,
          Qui, nous dit-on,
Menait César, empereur d’Allemagne,
          Par le licou… —
Le vent qui vient à travers la montagne
          Me rendra fou.

« Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe.
          Sabine, un jour,
A tout vendu, sa beauté de colombe,
          Et son amour,
Pour l’anneau d’or du comte de Saldagne,
          Pour un bijou… —
Le vent qui vient à travers la montagne
          M’a rendu fou. »

[…]


Les Rayons et les Ombres

Classé dans Victor Hugo Georges Brassens Renaud

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Interprète : Gilles Vigneault
Titre : Si tu n'es plus


VICTOR HUGO •• JE RESPIRE OÙ TU PALPITES


Musique : Gilles Vigneault
Interprète : Gilles Vigneault


[…]

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie,
Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

[…]

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !


Les Contemplations

Classé dans Victor Hugo Gilles Vigneault

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Interprète : Barbara
Titre : La Légende de la nonne


VICTOR HUGO •• LA LÉGENDE DE LA NONNE


Musique : Georges Brassens
Interprète : Barbara


[…]

Il est des filles à Grenade,
Il en est à Séville aussi,
Qui, pour la moindre sérénade,
À l’amour demandent merci ;
Il en est que d’abord embrassent,
Le soir, les hardis cavaliers. —
Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Ce n’est pas sur ce ton frivole
Qu’il faut parler de Padilla,
Car jamais prunelle espagnole
D’un feu plus chaste ne brilla ;
Elle fuyait ceux qui pourchassent
Les filles sous les peupliers. —
Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

[…]

Elle prit le voile à Tolède,
Au grand soupir des gens du lieu,
Comme si, quand on n’est pas laide,
On avait droit d’épouser Dieu.
Peu s’en fallut que ne pleurassent
Les soudards et les écoliers. —
Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

[…]

Or, la belle à peine cloîtrée,
Amour dans son cœur s’installa.
Un fier brigand de la contrée
Vint alors et dit : « Me voilà ! »
Quelquefois les brigands surpassent
En audace les chevaliers. —
Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Il était laid : des traits austères,
La main plus rude que le gant ;
Mais l’amour a bien des mystères,
Et la nonne aima le brigand.
On voit des biches qui remplacent
Leurs beaux cerfs par des sangliers. —
Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

[…]

La nonne osa, dit la chronique,
Au brigand par l’enfer conduit,
Aux pieds de sainte Véronique
Donner un rendez-vous la nuit,
À l’heure où les corbeaux croassent,
Volant dans l’ombre par milliers. —
Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

[…]

Or quand, dans la nef descendue,
La nonne appela le bandit,
Au lieu de la voix attendue,
C’est la foudre qui répondit.
Dieu voulut que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés. —
Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

[…]

Cette histoire de la novice,
Saint Ildefonse, abbé, voulut
Qu’afin de préserver du vice
Les vierges qui font leur salut,
Les prieures la racontassent
Dans tous les couvents réguliers. —
Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !


Odes et Ballades

Classé dans Victor Hugo Georges Brassens Barbara

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Interprète : Claude Nougaro
Titre : Chanson de pirates


VICTOR HUGO •• CHANSON DE PIRATES


Musique : Claude Nougaro et Frank Dallone
Interprète : Claude Nougaro


Nous emmenions en esclavage
Cent chrétiens, pêcheurs de corail ;
Nous recrutions pour le sérail
Dans tous les moutiers du rivage.
En mer ! les hardis écumeurs !
Nous allons de Fez à Catane…
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.

On signale un couvent à terre :
Nous jetons l’ancre près du bord ;
À nos yeux s’offre tout d’abord
Une fille du monastère.
Près des flots, sourde à leurs rumeurs,
Elle dormait sous un platane…
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.

— La belle fille, il faut vous taire,
Il faut nous suivre ! il fait bon vent.
Ce n’est que changer de couvent :
Le harem vaut le monastère.
Sa Hautesse aime les primeurs,
Nous vous ferons mahométane…
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.

Elle veut fuir vers sa chapelle.
— Osez-vous bien, fils de Satan ?…
— Nous osons ! dit le capitan.
Elle pleure, supplie, appelle.
Malgré sa plainte et ses clameurs,
On l’emporta dans la tartane…
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.

Plus belle encor dans sa tristesse,
Ses yeux étaient deux talismans.
Elle valait mille tomans ;
On la vendit à Sa Hautesse.
Elle eut beau dire : Je me meurs !
De nonne elle devint sultane…
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.


Les Orientales

Classé dans Claude Nougaro Frank Dallone Victor Hugo