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GUILLAUME APOLLINAIRE •• SI JE MOURAIS LÀ-BAS


Musique : Jacques Marchais
Interprète : Jacques Marchais


Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleurs plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
— Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur —
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie

L a nuit descend
O n y pressent
U n long destin de sang


Ombre de mon amour

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GUILLAUME APOLLINAIRE •• CRÉPUSCULE


Musique : Lonah
Interprète : Lonah


Frôlée par les ombres des morts
Sur l’herbe où le jour s’exténue
L’arlequine s’est mise nue
Et dans l’étang mire son corps

Un charlatan crépusculaire
Vante les tours que l’on va faire
Le ciel sans teinte est constellé
D’astres pâles comme du lait

[Il n’y a rien qui ne m’arrache à cette fin
N’écorche ce dessein
Je ne vois rien qui n’efface ce chemin
Ne m’achève enfin]

Sur les tréteaux l’arlequin blême
Salue d’abord les spectateurs
Des sorciers venus de Bohême
Quelques fées et les enchanteurs

Ayant décroché une étoile
Il la manie à bras tendu
Tandis que des pieds un pendu
Sonne en mesure les cymbales

[Il n’y a rien qui ne m’arrache à cette fin
N’écorche ce dessein
Je ne vois rien qui n’efface ce chemin
Ne m’achève enfin]

L’aveugle berce un bel enfant
La biche passe avec ses faons
Le nain regarde d’un air triste
[Grandir l’arlequin trismégiste]


Alcools

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GUILLAUME APOLLINAIRE •• AUTOMNE MALADE


Musique : Léo Ferré
Interprète : Léo Ferré


Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé

Au lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
                                 Les feuilles
                                 Qu’on foule
                                 Un train
                                 Qui roule
                                 La vie
                                 S’écoule


Alcools

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GUILLAUME APOLLINAIRE •• SI JE MOURAIS LÀ-BAS


Musique : Jean Ferrat
Interprète : Jean Ferrat


Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

[Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté]

Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
— Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur —
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie


Ombre de mon amour

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GUILLAUME APOLLINAIRE •• LE PONT MIRABEAU


Musique : Louis Bessières
Interprète : Serge Reggiani


Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
      Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

            Vienne la nuit sonne l’heure
            Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
            Tandis que sous
      Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

            Vienne la nuit sonne l’heure
            Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
            L’amour s’en va
      Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

            Vienne la nuit sonne l’heure
            Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
            Ni temps passé
      Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

            Vienne la nuit sonne l’heure
            Les jours s’en vont je demeure


Alcools