DJ Rimbaud

Poèmes mis en chanson

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1 note

FRANÇOIS VILLON •• L’ÉPITAPHE VILLON (BALLADE DES PENDUS)

Huit interprétations (1957-2000)



Musique : 1- Jacques Douai ; 2- Stéphane Golmann ; 3- Louis Bessières ; 4- Lino Leonardi ; 6- Léo Ferré ; 7- Jean Cohen-Solal


Frères humains qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés cinq, six :
Quand de la chair que trop avons nourrie,
Elle est piéça devorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis ;
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis ;
Pies, corbeaux, nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis ;
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maîtrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
À lui n’ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !


Poèmes

Classé dans Bernard Lavilliers François Villon Hélène Martin Jacques Douai James Ollivier Lino Leonardi Louis Bessières Léo Ferré Monique Morelli Serge Reggiani Stéphane Golmann Jean Cohen Solal

4 notes

Interprète : Bernard Lavilliers
Titre : Chanson dada


TRISTAN TZARA •• CHANSON DADA


Musique : Bernard Lavilliers
Interprète : Bernard Lavilliers


I

la chanson d’un dadaïste
qui avait dada au cœur
fatiguait trop son moteur
qui avait dada au cœur

l’ascenseur portait un roi
lourd fragile autonome
il coupa son grand bras droit
l’envoya au pape à rome

c’est pourquoi
l’ascenseur
n’avait plus dada au cœur

mangez [buvez] du chocolat
lavez votre cerveau
dada
dada
[dada]
buvez de l’eau


II

la chanson d’un dadaïste
qui n’était ni gai ni triste
et aimait une bicycliste
qui n’était ni gaie ni triste

mais l’époux le jour de l’an
savait tout et dans une crise
envoya au vatican
leurs deux corps en trois valises

ni amant
ni cycliste
n’étaient plus ni gais ni tristes

mangez de bons cerveaux
lavez votre soldat
dada
dada
[dada]
buvez de l’eau


III

la chanson d’un bicycliste [dadaïste]
qui était dada de cœur
qui était donc dadaïste
comme tous les dadas de cœur

un serpent portait des gants
il ferma vite la soupape
mit des gants en peau d’serpent
et vint embrasser le pape

c’est touchant [curieux]
ventre en fleur
n’avait plus dada au cœur

buvez du lait d’oiseaux
lavez vos chocolats
dada
dada
[dada]
mangez du veau


De nos oiseaux

Classé dans Tristan Tzara Bernard Lavilliers