HÉLÈNE DORION •• TOUT REDEVIENT FRAGILE
Musique : Morice Benin
Interprète : Morice Benin
Texte original :
On finit par suivre la lumière
qui nous bouleverse parfois
à travers un geste
sentir que rien ne viendra
sinon quelque désastre
On finit par ne plus voir
les percées du vide, oublier
ce visage qui n’a jamais existé
ailleurs que devant
Plus rien n’est lié soudain
plus rien ne s’accomplit
*
On finit par répondre
qu’on est là, faire signe
parmi nos absences
ne plus fuir la mémoire
de certaines failles qui blessent
plus que d’autres
On finit par s’ouvrir
au silence qui revient
et ne plus répondre
au bruit des pas, ne plus croire
qu’on a aimé, soutenu un instant
la beauté de notre vie
On finit par sentir le temps
qui replie nos regards
lentement les referme, comme une blessure
dont on ne sait plus parler
*
On finit par guérir
des premières questions
restées sans réponse
dans un regard
on finit par poser un amour
sur ce manque sans fond
se dire qu’il y a quelqu’un
au bout des mots
qui battent encore en nous
on se souvient soudain
de ce qui fut approché, effleuré
du désir dans lequel nous jette un corps
*
On finit par répondre chaque fois
à ce qui peut encore venir
à travers la répétition
de nos manques et de nos tendresses
on finit par se souvenir
qu’il y eut quelqu’un
derrière le désastre
On finit par ne plus entendre
que ces mots accidentés
qui appellent sans relâche
ce qui jamais n’est venu
et jamais ne viendra
On finit par ne plus rien entendre
et cela nous atteint encore
Adaptation :
On finit par suivre la lumière
qui nous bouleverse parfois
à travers un geste
sentir que rien ne viendra
sinon quelque désastre
On finit par ne plus voir
les percées du vide
on oublie ce visage
qui n’a jamais existé
ailleurs que devant soi
On s’ouvre au silence qui revient
ne plus répondre au bruit des pas
ne plus croire qu’on a aimé
soutenir un instant
la beauté de nos vies
Plus rien n’est lié soudain
plus rien ne s’accomplit
tout redevient fragile
On finit par ne plus entendre
que ces mots accidentés
appelant sans relâche
ce qui n’est jamais venu
et ne viendra jamais
On finit par dire qu’on est là
faire signe parmi nos absences
ne plus fuir la mémoire
des failles qui nous blessent
ces manques de tendresse
On finit par sentir le temps
qui replie nos regards
lentement les referme
comme une blessure
dont on ne parle plus
Plus rien n’est lié soudain
plus rien ne s’accomplit
tout redevient fragile
Sur ce manque sans fond
se dire qu’il y a quelqu’un
quelqu’un au bout des mots
on se souvient soudain
de ce qui fut approché, effleuré
du désir dans lequel nous jette un corps
On finit par répondre chaque fois
à ce qui peut encore venir
on finit par se souvenir
qu’il y eut quelqu’un
quelqu’un derrière le désastre
Et puis l’on finit par guérir
de ses premières questions
toutes restées sans réponse
dans un regard perdu
sur un nouvel amour
Quand tout se démêle enfin
que tout s’accomplit
tout redevient fragile
— Les États du relief
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